Russie/Iran: après la Syrie, le Caucase?
L’Iran et la Russie envisagent d’ouvrir un nouveau front sécuritaire au Caucase afin de tuer dans l’œuf les tendances expansionnistes des États-Unis.
Lors d’un entretien téléphonique avec son homologue russe, le président iranien Hassan Rohani a déclaré que Téhéran soutenait le cessez-le-feu dans le Haut-Karabakh, tout en poursuivant ses entretiens avec Moscou.
Dans la foulée, le général Anatoliy Tsyganok, président du Centre de prévision militaire russe, a déclaré que l’Iran et la Russie assumaient une responsabilité toute particulière pour régler la crise du Haut-Karabakh, fortement déstabilisé pendant les deux dernières semaines.
« L’escalade de tension dans le Haut-Karabakh et un possible recrutement de mercenaires de nationalité étrangère pour s’engager dans les conflits rendent de plus en plus nécessaire l’établissement d’une coopération irano-russe à ce propos », a déclaré l’analyste lors d’une interview exclusive avec IRNA.
« Le Caucase du Sud se situe non loin de la mer Caspienne et cet emplacement très stratégique importe beaucoup à l’Occident, notamment aux États-Unis, en raison de leurs politiques expansionnistes », indique Anatoliy Tsyganok.
Et d’ajouter : « Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, les États-Unis cherchent à renforcer leur présence dans la mer Caspienne, mais la coopération entre l’Iran et la Russie a toujours empêché les étrangers de mettre la main sur cette région ».
Anatoliy Tsyganok a exhorté l’Iran et la Russie à convaincre les parties en conflit de mettre un terme aux conflits. « Bien que la Russie fasse partie du Groupe de Minsk, créé par la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, une coopération avec l’Iran, au sujet du Haut-Karabakh, ne sera toutefois pas sans intérêt ».
Concernant les rapports selon lesquels des groupes de terroristes actifs en Syrie se seraient rendus dans le Haut-Karabakh, le général russe a déclaré : « Si cela est vrai, l’Iran et la Russie pourraient rencontrer plusieurs problèmes. »
Selon Anatoliy Tsyganok, « Téhéran et Moscou devraient échanger des données et renseignements sécuritaires afin de bloquer la propagation du terrorisme au Caucase, car celle-ci rendra le terrain propice à l’ingérence des pays étrangers dans les affaires de la région ».